Mise en chauffe d’un plancher chauffant : les protocoles

Selon Buildwise, un bon protocole de démarrage du chauffage par le sol est essentiel pour éviter des fissures ou des décollements : il importe d’augmenter et de diminuer la température du système lentement et par paliers. Il n’existe pourtant pas une courbe unique : plusieurs protocoles circulent et ils diffèrent nettement les uns des autres. Cet article compare ce que disent les sources consultées, sans en choisir une à votre place, et ne remplace pas les instructions du fabricant. Buildwise (FAQ) l’écrit ainsi : « Le fabricant du système de chauffage par le sol doit décrire avec précision la manière dont la mise en chauffe doit être effectuée. »

Pourquoi on ne démarre pas le chauffage « à fond »

Le principe est de créer progressivement des contraintes dans le plancher. Il faut veiller à ce que la montée et la descente de température n’entraînent pas de variations excessives à court terme, car celles-ci pourraient provoquer la fissuration de la chape.

Le protocole a un second intérêt pour le carrelage. Si on le suit avant la pose, il est encore possible de réparer les éventuels dommages causés à la chape par les changements de température avant la mise en œuvre des carreaux, ce qui évite que ces dommages se propagent au carrelage (FAQ Buildwise).

Le protocole décrit par Buildwise (NIT 273)

Buildwise indique que le protocole de mise en chauffe standard est décrit dans la NIT 273 (« Installation des systèmes de chauffage par le sol à eau chaude ») et comprend les étapes suivantes :

  1. Temps d’attente : après le coulage de la chape, il convient d’attendre suffisamment longtemps avant de démarrer le chauffage par le sol : au moins 28 jours pour les chapes à base de ciment et au moins 7 jours pour celles à base de sulfate de calcium.
  2. Montée lente : la température de l’eau augmente de 5 °C par jour, en partant d’une basse température (environ 20 °C), jusqu’à la température maximale de service. Celle-ci doit rester inférieure à la température maximale admissible pour le liant de la chape.
  3. Maintien de la température maximale pendant au moins 4 jours.
  4. Descente lente, à raison de 5 °C par jour.
  5. Contrôle : après la montée et la descente, inspection du plancher pour détecter le moindre signe de pathologie (fissures, par exemple).
  6. Documentation : Buildwise recommande de consigner l’exécution du protocole (dates, graphiques, observations).

Le protocole est présenté ici tel que le décrit l’article Buildwise de 2024 (NIT 273).

Toujours selon Buildwise, ce n’est qu’après avoir suivi le protocole dans son intégralité et effectué un essai de pression que le revêtement de sol peut être posé.

Ce que disent les autres sources

Le tableau reprend les valeurs publiées par chaque source, telles qu’elles sont formulées. Il ne s’agit pas d’un protocole à appliquer tel quel : les cases vides signifient que la source consultée ne donne pas de valeur dans le passage cité.

SourceAvant le 1er démarrageDépartMontéeMaintienDescente
Buildwise, article 2024 (protocole de la NIT 273)au moins 28 jours (ciment) ou au moins 7 jours (sulfate de calcium)environ 20 °C5 °C par jourau moins 4 jours5 °C par jour
CSTC-Contact 2022 (chapitre sur les sols en bois)au moins 28 jours (ciment) ou 7 jours (sulfate de calcium)fluide entre 20 et 25 °C, au moins une journéepaliers de 5 °C maximum par jourau moins quatre jours supplémentairesprogressive, 5 °C maximum par jour
Vasco, brochure technique 2023temps de séchage de 28 jours ; séchage forcé interditmaximum 20 °C5 °C par 24 heures3 jours5 °C par 24 heures, jusqu’à la situation de départ
NBN EN 1264-4, telle que décrite par Buildwise3 jours après le coulagevaleur maximale atteinte en une seule fois4 jourspas de phase de diminution

Les écarts sont concrets. Le maintien est de 3 jours chez Vasco, d’au moins 4 jours dans l’article Buildwise de 2024 et d’au moins quatre jours supplémentaires dans le CSTC-Contact 2022, qui traite des sols en bois. Pour la température de départ, Vasco écrit : « La température d’amenée d’eau lors du démarrage s’élève à maximum 20 °C », tandis que le CSTC (2022) demande que « la température du fluide soit comprise entre 20 et 25 °C, et ce pendant au moins une journée » ; Buildwise parle d’une basse température d’environ 20 °C. Un article du CSTC de 2012 sur la pose de carrelage indique une montée progressive « par palier de 5 °C par jour, p. ex. » et demande de respecter à la lettre le schéma fourni par le fabricant du système.

À propos de la norme NBN EN 1264-4, Buildwise relève qu’elle ne prévoit pas d’augmentation progressive, et que la phase de diminution qu’elle ignore permet pourtant de prévenir l’apparition de fissures. Son jugement : la courbe prescrite par la norme ne correspond pas à une évolution idéale de la température, avec apparition et dissipation progressives des contraintes dans la chape.

Que faire de ces différences

Buildwise écrit qu’« il est utile de convenir de la courbe de température à respecter ». Le tableau ci-dessus sert de point de comparaison, pas de prescription.

Un point pratique : de nombreux thermostats proposent désormais plusieurs protocoles préprogrammés. Selon Buildwise, ces profils reposent généralement sur les normes, sur les Notes d’information technique, sur les instructions des fabricants et des organisations professionnelles, ainsi que sur les pratiques des pays voisins.

Juste avant la pose du revêtement

Les sources donnent des consignes qui dépendent du revêtement. Chez Vasco : « Après un éventuel délai d’attente supplémentaire de 48 heures, vous pouvez procéder à la pose du revêtement de sol. Suivant le type de revêtement de sol, vous devez respecter les prescriptions suivantes: »

  • Pierre (Vasco) : 24 heures avant la pose des carreaux, le chauffage doit être éteint ou, par temps froid, la température d’amenée d’eau réglée sur 15 °C.
  • Parquet (Vasco) : 48 heures avant la pose, même consigne (éteint, ou 15 °C par temps froid). Ce n’est que 3 jours après la mise en œuvre du parquet que la température d’amenée pourra être augmentée progressivement, de 5 °C maximum par 24 heures.
  • Revêtement en bois (CSTC-Contact 2022) : « Quarante-huit heures avant la pose du revêtement de sol en bois, le chauffage est arrêté ou maintenu à basse température (température superficielle de 15 °C). Ce n’est que trois jours après la pose du revêtement que la température pourra remonter progressivement selon les mêmes modalités. »
  • Carrelage (CSTC, 2012) : il est conseillé de mettre le système en route une première fois et de le laisser refroidir avant la pose. Buildwise (2024) demande, lui, de suivre le protocole « dans son intégralité ».

Les deux valeurs de 15 °C ne désignent pas la même grandeur : température d’amenée d’eau chez Vasco, température superficielle chez le CSTC.

Planification et confirmation avant la pose

Buildwise relève que le bâtiment n’est parfois pas encore connecté au réseau électrique au moment de démarrer le protocole. Une bonne planification des travaux et une bonne communication entre l’installateur, l’électricien, le carreleur et le poseur de chape sont alors primordiales. Buildwise écrit qu’« il est important que le carreleur obtienne la confirmation que la procédure de démarrage a été menée à bien avant de poser le revêtement de sol ». La FAQ de Buildwise précise qu’il faut toujours signaler que le protocole a été respecté et transmettre cette information au carreleur.

Pour un chantier à Bruxelles, Thermo-Bati réalise des planchers chauffants.

Sources