Parquet sur chauffage au sol : humidité et pose

Oui, un parquet peut se poser sur un chauffage par le sol, à condition de respecter certains principes : une teneur en humidité du support inférieure à une valeur limite, un protocole de mise en marche du chauffage, une colle adaptée et un bois stable (Buildwise). Poser trop vite expose le parquet à des déformations : tuilage, fissures, décollement. Les chiffres ci-dessous viennent du magazine CSTC-Contact n° 81 de 2022, du guide pratique de la menuiserie de Buildwise et de la FAQ du centre ; les articles plus anciens sont datés. La fiche technique du parquet, de la colle et du système de chauffage prévaut sur toute règle générale.

Humidité de la chape : le premier verrou

Pour pouvoir coller le parquet, le taux d’humidité de la chape doit se situer en dessous d’un certain seuil. Le guide de Buildwise donne ces maxima, en pourcentage en masse, mesurés avant la pose avec une bombe à carbure :

Type de chapeSans chauffage par le solAvec chauffage par le sol
À base de ciment2,5 %1,8 %
À base d’anhydrite0,5 %0,5 %

Le magazine de 2022 précise : « La mesure se fait en partie inférieure de la chape et au moyen de la bombe au carbure. » La FAQ de Buildwise précise qu’il convient en outre d’exclure toute remontée d’humidité ultérieure par la face inférieure de la chape.

La mise en route du chauffage avant la pose

Avant la pose, l’installateur du chauffage par le sol doit suivre un protocole strict de mise en chauffe initiale. Selon le magazine de 2022 :

  • la première mise en route a lieu au moins 28 jours après l’exécution d’une chape à base de ciment, et au moins sept jours après le coulage d’une chape au sulfate de calcium ;
  • la température du fluide est comprise entre 20 et 25 °C pendant au moins une journée, puis augmentée par paliers de 5 °C maximum par jour jusqu’à la valeur maximale de service, maintenue au moins quatre jours supplémentaires ;
  • le retour à la température initiale se fait aussi progressivement, à 5 °C maximum par jour ;
  • quarante-huit heures avant la pose, le chauffage est arrêté ou maintenu à basse température (température superficielle de 15 °C) ; trois jours après la pose seulement, la température remonte progressivement selon les mêmes modalités.

Le même article recommande, idéalement, de respecter un protocole de montée progressive à chaque remise en route après une longue période d’arrêt, pour réduire les risques de pathologies au début de l’hiver. Selon le même article, le chauffagiste et le parqueteur doivent être correctement informés des spécificités du chauffage par le sol.

Collé ou flottant

Sauf exception, seule la pose collée (ou collée-clouée) est conseillée, pour assurer une transmission optimale de la chaleur vers l’environnement intérieur. Selon le magazine de 2022 : « Toutes les colles pour parquet peuvent convenir pour la pose d’un revêtement de sol en bois sur un système de chauffage par le sol. C’est une mise en œuvre dans les règles de l’art suivant les prescriptions du fabricant qui fera la différence. » Un article de 2014 déconseille le collage par cordon, à cause des couches d’air qui accroissent la résistance thermique du complexe, et décrit deux familles de colles : une colle rigide réduit les mouvements du bois mais sollicite davantage le support, une colle souple limite les tensions mais permet davantage de mouvements du bois.

Si le délai presse, Buildwise évoque le parquet flottant posé sur un film anticapillaire, qui permet de déroger légèrement au temps de séchage requis. La contrepartie : la transmission thermique n’est pas optimale avec ce type de parquet, et il faut prévoir des joints de fractionnement en fonction des dimensions de la pièce. Un fabricant de parquet 3 plis (Bauwerk Parkett) demande, pour sa pose flottante, une isolation aux bruits d’impact à faible résistance thermique et précise que le système réagit un peu plus lentement que la pose collée en plein ; il juge la pose flottante non indiquée si le chauffage doit aussi servir de refroidissement.

Choisir le parquet : stabilité, épaisseur, résistance thermique

  • Essence et débit : on privilégie les espèces de bois stables et très stables, et des planches débitées sur quartier ou faux-quartier à fil régulier.
  • Résistance thermique : avec un chauffage par le sol, la résistance thermique du revêtement, isolation acoustique éventuelle comprise, ne peut dépasser 0,15 m².K/W. Selon le magazine de 2022 : « s’il s’agit d’un parquet en chêne, on préconise une épaisseur maximale de 25 mm. Dans le cas d’un parquet en bois résineux, l’épaisseur ne pourra excéder 20 mm. » Plus le bois est dense, meilleurs sont la conductivité du parquet et le rendement du chauffage.
  • Facteur d’élancement (largeur/épaisseur) : entre 4 et 10 pour le bois massif ; un rapport plus élevé peut être envisagé pour certains parquets contrecollés, si le fabricant le garantit.
  • Humidité du bois à la pose : idéalement de 9 à 10 % d’après le magazine de 2022 ; la fiche du guide de Buildwise cite, pour un parquet contrecollé par exemple, 7 % ± 2 %. Suivez la valeur indiquée par le fabricant de votre parquet.
  • Contrecollé et chanfrein : en 2014, le CSTC voyait dans le parquet contrecollé une solution de choix, pour autant que le produit ait fait l’objet d’essais garantissant sa qualité. Un chanfrein au bord des lames atténue la gêne esthétique que pourraient présenter des ouvertures de joint.
  • Planéité de la chape : 3 mm sous une latte de 2 m en cas de pose collée, par exemple (guide de Buildwise).

Climat intérieur et usage au quotidien

  • Consigne : pendant les périodes de chauffe, il est conseillé de limiter la température de consigne à 20-22 °C.
  • Surface : la température de surface du parquet doit être maintenue à 29 °C maximum, tant dans les zones de séjour que dans les zones périphériques. Le fabricant de parquet 3 plis cité plus haut précise que cette limite vaut en tout point, y compris près des tuyaux et sous les tapis.
  • Humidité de l’air : entre 30 et 60 % pendant et après la pose, de préférence autour de 50 % ; le magazine de 2022 parle d’une plage idéale de 40 à 55 %.
  • Régime : un article de 2014 note : « En raison de son fonctionnement, le chauffage par le sol engendre un gradient de température et surtout d’humidité au sein du revêtement de sol en bois ». Il recommande, « afin de limiter ce gradient », de faire fonctionner le chauffage en régime continu plutôt qu’en intermittence.

Selon le magazine de 2022 : « Une augmentation de la température de consigne peut réduire considérablement l’humidité relative de l’air intérieur (idéalement comprise entre 40 et 55 %) et provoquer ainsi des déformations (cintrage, apparition de joints ouverts entre les lames) susceptibles d’entraîner des dégradations parfois irréversibles. »

Ce que ces sources ne tranchent pas

Selon le magazine de 2022, « les systèmes réversibles de sol chauffant-rafraîchissant en association avec un revêtement de sol en bois font l’objet de recommandations détaillées dans la NIT 272 ». La NIT 272 remplace la NIT 218. Les valeurs d’humidité de chape varient selon les publications : vérifiez le seuil applicable à votre combinaison chape, parquet et colle dans la NIT 272 et auprès du fabricant.

Sources