Carrelage sur chauffage au sol : colle et joints

Selon un article du CSTC de 2012 (aujourd’hui Buildwise) : « Lorsque le sol est chauffé, il ne faut pas perdre de vue que les contraintes thermiques s’intensifieront dans le complexe plancher. Dans ce cas de figure, certaines dispositions supplémentaires doivent donc être prises afin de limiter les risques de décollement et de fissuration des dalles. » Les valeurs ci-dessous viennent de publications Buildwise datées et du cahier des charges type bâtiments (CCTB) de la Wallonie ; reportez-vous à la fiche technique de la colle et du système de chauffage.

La chape avant le carrelage

  • Chape armée : dans le cas d’un sol chauffé, le carrelage doit toujours être posé sur une chape armée (CSTC, 2012).
  • Épaisseur : lorsque les conduites sont placées en partie inférieure de la chape, l’épaisseur au-dessus des canalisations doit être d’au moins 5 cm (CSTC, 2012).
  • État de surface : chape propre, exempte de fissures anormales, non poudreuse et, de préférence, légèrement rugueuse et absorbante en surface. Au moment de la pose, elle ne peut présenter de condensation et sa température est comprise entre 5 et 30 °C (CCTB, pose au mortier-colle sur chape durcie).
  • Humidité : le CSTC conseillait en 2012 de différer la pose de dalles sensibles à l’humidité (certaines pierres naturelles) « jusqu’à ce que le taux d’humidité en masse de la chape (mesuré à la bombe à carbure) soit descendu à 2 % dans le cas de chapes au ciment ». En présence d’une chape à l’anhydrite, il conseillait « de limiter la teneur en humidité à 0,3 % en masse, quelle que soit la nature du revêtement ». Ces valeurs sont à vérifier dans les documents en vigueur et auprès du fabricant.

La mise en chauffe, avant la pose

Selon un article du CSTC de 2011 : « Un réchauffement trop rapide notamment (après une période plus froide) peut être à l’origine du décollement (et du soulèvement) des carreaux en raison des contraintes thermiques plus importantes dans le complexe plancher ». Selon la même publication, « dans le cas de sols chauffants, il faut veiller à ce que la montée en température ne soit pas trop rapide ».

Selon la FAQ de Buildwise : « Si l’on suit un protocole de mise en chauffe avant la pose du carrelage, il est encore possible de réparer les éventuels dommages causés à la chape par les changements de température avant la mise en œuvre des carreaux. Cela permet d’éviter que les dommages se propagent au carrelage. » Selon Buildwise (2024), « La température de l’eau présente dans le système doit être augmentée de 5 °C par jour, en partant d’une basse température (environ 20 °C). » Le CSTC (2016) ajoute : « Il est conseillé de mettre le système de chauffage en route une première fois et de le laisser refroidir avant la pose du revêtement de sol. » Selon la FAQ de Buildwise, le fabricant du système de chauffage par le sol « doit décrire avec précision la manière dont la mise en chauffe doit être effectuée », et cette information « doit être transmise au carreleur ». Selon Buildwise (2024), le revêtement ne se pose qu’après le protocole complet et un essai de pression.

La colle : ce que recommandent les sources

  • Classe : « On optera pour une colle de type C2S1 ou C2S2, adaptée à un chauffage par le sol. » (CSTC-Contact 2012/2). Selon Buildwise, « L’indice 1 désigne une colle à carrelage ordinaire, l’indice 2, une colle à carrelage à adhérence améliorée. » et « S (déformabilité transversale) ».
  • Chape à base de ciment : selon le CSTC (2016), « la norme NBN EN 12004 recommande une colle de type C2S1 ou C2S2 ». Selon Buildwise (Antenne Normes Parachèvement, consultée le 02-10-2026), « La norme de produit européenne n’établit pas de lien entre la classe de la colle et l’application visée. » Selon Buildwise, un mortier-colle C2 est recommandé pour « les carreaux posés sur des planchers chauffés soumis par ailleurs à une exigence de déformabilité S1 ou S2 ».
  • Chape à l’anhydrite : le CSTC conseille une colle compatible avec ce type de chape (colle à base de plâtre, par exemple) ; le CCTB demande au carreleur de s’assurer de la compatibilité avec le mortier-colle.
  • Encollage : selon le CSTC (2016), « Pour les sols chauffants, les fabricants de colles prescrivent généralement un encollage à plein bain (à effectuer généralement par double encollage ou dans un lit de colle fluide). » Selon Buildwise, « Les carreaux de dimensions supérieures à 30 cm x 30 cm doivent faire l’objet d’un double encollage. »
  • Peignage : selon la FAQ de Buildwise, lorsque la colle est peignée dans une seule direction et que les carreaux sont ensuite appliqués en les faisant glisser transversalement au sens des sillons de colle, « l’étalement latéral de la colle sous le carreau est optimal, ce qui engendre une grande surface de contact ». Selon la FAQ de Buildwise sur les sons creux, « la surface de contact exigée est d’au moins 70 % pour les mortiers-colles à usage intérieur ».

Buildwise recommande, pour chaque exécution, d’examiner l’utilisation autorisée dans la fiche technique de la colle à carrelage.

Format des carreaux et calepinage

Des éléments plus grands entraînent de plus grandes contraintes thermiques. Dans l’article du CSTC de 2012 : « nous conseillons de ne pas utiliser d’éléments dont les dimensions sont supérieures à 60 cm x 60 cm ». Selon le CSTC-Contact 2016/2, « le format maximal des carreaux pour les applications courantes ne dépasse généralement pas 600 x 600 mm ». Selon un article de 2011 : « En cas de pose de carreaux de très grand format et/ou sur un sol chauffant, il y a lieu, par ailleurs, d’opter pour des mortiers-colles pouvant être appliqués en couche épaisse ou d’effectuer un double encollage ».

Côté calepinage, selon le CSTC-Contact 2016/2 : « Dans le cas d’un système de chauffage par le sol, il est vivement recommandé d’opter pour un appareillage à joints continus (joints droits) dans les deux directions. »

Les joints : mouvement, finition, pourtour

  • Surfaces : la longueur des surfaces carrelées ne doit pas dépasser 8 m et leur superficie doit se limiter à 40 m² (CSTC, 2016). À propos du positionnement des joints de mouvement, le CSTC-Contact 2016/2 précise : « Celui-ci doit être défini préalablement, en accord avec toutes les parties concernées. Ces joints doivent être prolongés au sein du revêtement de sol. »
  • Natte de désolidarisation : selon le CSTC-Contact 2016/2, dans certains systèmes de chauffage par le sol, les nattes de désolidarisation font partie intégrante du complexe plancher ; dans d’autres cas, leur utilisation n’est pas obligatoire mais peut s’avérer utile, car elle réduit les risques de fissuration ou de décollement. Même avec une natte, il est plus prudent de reprendre les joints de la chape dans le carrelage. Selon la FAQ de Buildwise, il est inutile de prévoir des joints de dilatation uniquement dans le revêtement.
  • Joints de finition : selon le CCTB, « Au niveau du revêtement de sol, les joints de dilatation sont terminés par la mise en œuvre d’un joint de finition de manière à : à assurer l’esthétique de l’ouvrage ; à reprendre les tolérances dimensionnelles des carreaux ». « La largeur nominale des joints ne peut être inférieure à deux fois la tolérance dimensionnelle admise pour les carreaux. » Les joints de mortier compensent les écarts dimensionnels des carreaux, et Buildwise recommande de vérifier l’utilisation autorisée dans la fiche technique du mortier de jointoiement.
  • Pourtour : la bande de pourtour peut être arasée une fois le carrelage posé, pour éviter tout contact entre carreaux et paroi (CSTC-Contact 2016/2). Selon la FAQ de Buildwise, sur une chape flottante, « le joint périphérique entre le carrelage et les plinthes doit donc rester souple (en optant pour l’utilisation d’un mastic souple) », le moindre contact entre la chape flottante et la structure constituant un « pont acoustique ».

Ce que ces sources ne tranchent pas

Les taux d’humidité de chape à respecter avant de carreler, la durée exacte de la mise en chauffe et la classe de colle pour votre produit dépendent des fiches techniques et des documents en vigueur.

Sources