Chape pour chauffage au sol : ciment, anhydrite, fluide

Les publications de Buildwise évoquent la chape à base de ciment appliquée à la main, la chape fluide à base de sulfate de calcium et la chape fluide à base de ciment. Les valeurs chiffrées varient d’une source à l’autre et ne désignent pas toutes la même grandeur (« au-dessus des conduites », « Épaisseur minimale de la chape », « dalle de ciment ») : elles sont données ci-dessous avec leur origine.

Les chapes dans les sources de Buildwise

Chape à base de ciment, appliquée à la main. Le CSTC (2017) : « chapes à base de ciment traditionnelles appliquées à la main, technique la plus fréquente en Belgique ». Bien compactés et appliqués à la main, ses mortiers ont généralement une résistance en flexion de l’ordre de 1 à 2 N/mm² et une cohésion de surface comprise entre 0,5 et 1 N/mm². Le compactage influence fortement sa résistance finale.

Chape fluide à base de sulfate de calcium. Le CSTC (2017) : « Bien que les chapes fluides à base de sulfate de calcium – également appelées chapes à l’anhydrite – soient disponibles sur le marché belge depuis de nombreuses années, celles-ci sont encore peu courantes sur les chantiers. » Le CSTC lui attribue généralement une résistance en compression entre 20 et 30 N/mm², une résistance en flexion entre 4 et 8 N/mm² et une cohésion de surface entre 1 et 1,8 N/mm². Elle est de qualité homogène et (presque) insensible au retrait, mais il faut tenir compte des mouvements thermiques dus aux variations de température.

Chape fluide à base de ciment. Selon le CSTC (2019), « Les chapes fluides à base de ciment, dont la résistance mécanique est similaire à celle des chapes fluides à base de sulfate de calcium, connaissent également un véritable essor ».

Un détail de vocabulaire : le CSTC note que les chapes fluides sont souvent décrites comme autonivelantes, mais qu’elles ne le sont pas. Il s’agit moins de compactage que de désaération à l’aide d’une lissarde ou d’une lisseuse à béton.

Armature de la chape

Le CSTC écrit en 2012 : « Dans le cas d’un sol chauffé, le carrelage doit toujours être posé sur une chape armée. » Un lit de sable stabilisé n’est généralement pas apte à transmettre les mouvements du sol aux joints périphériques et de dilatation. En 2016, le CSTC précise que, selon ses recommandations actuelles, la chape doit toujours être munie d’un treillis d’armature métallique. Le fabricant Vasco recommande de son côté un treillis galvanisé, placé au-dessus des tubes : il répartit les contraintes internes de la chape de ciment et réduit la taille des éventuelles fissures.

Quelle épaisseur ? Les valeurs publiées

SourceType de chapeValeur indiquée
CSTC-Contact 2019/6 (valeurs indicatives)chape traditionnelle appliquée à la main50 mm au-dessus des conduites en cas de chauffage par le sol
CSTC-Contact 2012/2conduites placées en partie inférieure de la chapeau moins 5 cm au-dessus des canalisations
Uponor, Classicchape de ciment / chape liquide anhydrideUponor Classic, « Hauteur structurelle A (2,0 kN/m²) » : « N ≥ 45 [mm] » (chape de ciment CT), « N ≥ 35 [mm] » (chape liquide anhydride CAF) ; « Hauteur structurelle A (5,0 kN/m²) » : « N ≥ 75 [mm] » (CT), « N ≥ 65 [mm] » (CAF)
Vasco, système à treillisdalle de cimentau moins 6,5 cm

Le CSTC écrit « 50 mm au-dessus des conduites », Uponor « Épaisseur minimale de la chape », Vasco « La dalle de ciment a une épaisseur d’au moins 6,5 cm ». Pour la chape liquide anhydride (CAF), Uponor ajoute en note : « Respecter les indications du fabricant concernant l’épaisseur minimale de la chape. » Le CSTC ajoute que sa NIT 189 formule des recommandations d’épaisseur minimale selon le liant et le type de chape (adhérente, non adhérente, flottante ou pour sol chauffant).

À propos des chapes flottantes, le CSTC (2017) écrit : « Etant donné que la résistance en flexion des chapes fluides à base de sulfate de calcium est élevée, celles-ci peuvent, pour une même application, être mises en œuvre avec des épaisseurs moins importantes que lorsqu’il s’agit de chapes traditionnelles. » Pour déterminer l’épaisseur des chapes fluides, il faut notamment tenir compte, selon le CSTC, de la compressibilité de l’isolant présent sous la chape, de la résistance en compression et en flexion du mortier de chape, de la conception de la chape (adhérente, non adhérente ou flottante) et de la présence éventuelle d’un chauffage par le sol.

Séchage et humidité avant le revêtement

Buildwise, à propos du démarrage du chauffage : « après le coulage de la chape, il convient d’attendre suffisamment longtemps avant de démarrer le chauffage par le sol. Ce temps d’attente est d’au moins 28 jours pour les chapes à base de ciment et d’au moins 7 jours pour celles à base de sulfate de calcium ». Vasco et le CSTC donnent d’autres valeurs, celles du séchage et de l’humidité :

  • Vasco : chape de ciment, environ 1 semaine par cm et humidité résiduelle de 2,5 cm-% au maximum ; chape à l’anhydrite, 6 à 8 semaines et humidité résiduelle inférieure à 0,3 cm-%.
  • CSTC 2012 : « il est conseillé de différer la pose de dalles sensibles à l’humidité (certaines pierres naturelles) jusqu’à ce que le taux d’humidité en masse de la chape (mesuré à la bombe à carbure) soit descendu à 2 % dans le cas de chapes au ciment. En présence d’une chape à l’anhydrite, il est conseillé de limiter la teneur en humidité à 0,3 % en masse, quelle que soit la nature du revêtement. »
  • CSTC 2022 : pour un revêtement en bois, humidité de la chape limitée à 1,8 % en masse, mesurée en partie inférieure à la bombe à carbure.

Le CSTC (2017) explique que la chape fluide à base de sulfate de calcium est par nature plus sensible à l’humidité que la chape à base de ciment. Si les travaux de parachèvement sont faits trop tôt, ou si la chape est à nouveau humidifiée après coup, le risque de problèmes d’adhérence du revêtement est particulièrement élevé. L’humidité résiduelle, mesurée à la bombe à carbure, doit être inférieure à des valeurs seuils spécifiques, qui varient selon le matériau de parachèvement, et la chape doit rester sèche après les mesures.

Sources