Puissance d’un plancher chauffant au m² : limites
Selon Radson, « Pour configurer le chauffage par le sol, on a besoin de la charge de chauffage standard […] de la pièce ». Selon les valeurs théoriques reprises par Buildwise, la limite est de 100 W/m² en zone de séjour et de 175 W/m² en zone périphérique.
Partir des déperditions de la pièce
Buildwise le rappelle en tête de son article sur le calcul des déperditions : pour dimensionner correctement une installation de chauffage et garantir de bonnes performances et le confort, il est essentiel de déterminer les déperditions thermiques du bâtiment. Ce calcul peut tenir compte d’une puissance de relance, qui assure un rétablissement rapide de la température après une période d’inoccupation. Chez Radson, cette puissance supplémentaire dépend de la baisse de température, du délai de réchauffement et de la quantité d’air échangé. Buildwise met à la disposition des installateurs un outil permettant de calculer la charge thermique des bâtiments et de dimensionner les radiateurs et le chauffage par le sol.
Ramener la puissance au m² de surface de pose
La documentation technique de Radson (2012) explique la démarche : on part de la charge de chauffage standard de la pièce. Au départ, on ne tient pas compte de la perte par le sol calculée conformément à la norme pour déterminer la charge du chauffage ; elle sera soustraite de la charge du chauffage standard globale. On ne dispose que d’un certain plan de pose A, à partir duquel on calcule, avec la demande en chaleur éliminée, la puissance spécifique que le chauffage par le sol doit produire. Cette demande de chaleur spécifique qHL doit correspondre à la puissance calorifique particulière du système, dans les paramètres désirés.
La surface de pose compte : les emplacements des placards, baignoires et douches devraient être soustraits de la surface de pose.
Respecter le plafond de température de surface
Radson précise que, lors de la configuration, il faut veiller à ce que la température de surface indiquée dans les tableaux de puissance ne dépasse pas la valeur maximale autorisée.
| Zone | Température de surface maximale | Puissance limite théorique |
|---|---|---|
| Zone de séjour (intérieur 20 °C) | 29 °C | 100 W/m² |
| Zone en bordure | 35 °C | 175 W/m² |
| Salle de bain (intérieur 24 °C) | 33 °C | 100 W/m² |
Ces valeurs viennent de la documentation Radson ; l’outil de Buildwise indique : « Limite zone de séjour +9°C max théorique 100 W/m² • Limite zone périphérique +15°C max théorique 175 W/m² ». Si la perte de chaleur d’un bâtiment est trop importante, des radiateurs supplémentaires doivent éventuellement être installés, d’après Radson. Selon Radson, des zones périphériques avec une température de surface du sol plus élevée peuvent avoir leur raison d’être le long des murs extérieurs et devant les grandes fenêtres. Dans pareils cas, les tubes de chauffage sont posés à une distance intermédiaire plus faible.
Ce qui fait varier la puissance obtenue
Radson indique que la puissance dépend du pas de pose et des revêtements de sol, mais que la température de service pèse le plus. Un revêtement à forte résistance thermique donne une puissance plus faible (exemple cité : un parquet à 0,15 m²K/W). Le diamètre du tube, en revanche, change peu de chose : entre 14 x 2, 17 x 2 et 20 x 2 mm, la différence de puissance est d’environ 2 % selon le même document.
- Revêtement : selon Radson, « Au stade de la planification, on ignore souvent quel revêtement de sol sera utilisé. Dans ce cas, on doit au moment du calcul, selon la norme de chauffage par le sol DIN EN 1264, tenir compte d’une résistance thermique de R1,B = 0,10 m²K/W », valeur que l’outil Buildwise utilise aussi par défaut (0,10 (m².K)/W).
- Salle de bain : Radson retient R = 0,00 pour un sol en céramique, tout en notant que le sol est le plus souvent recouvert de tapis de bain isolants très épais. Buildwise signale : « Problème possible pour les salles de bain • Émission surfacique possiblement beaucoup plus élevée que la boucle de référence » ; l’outil mentionne aussi : « Possibilité de prévoir un radiateur dans les locaux ».
- Pertes vers le bas : d’après Radson, 7 à 10 % environ du flux utile émis vers le haut, selon l’isolation et la température avoisinante ; l’outil Buildwise les calcule à partir de l’espace sous les boucles et de la résistance thermique du plancher.
Ordres de grandeur, avec prudence
Dans son exemple de dimensionnement, Radson cite une pièce « désavantageuse » (une cuisine) à 85 W/m². Pour une habitation dans des proportions normales, avec un pas de pose moyen de 175 mm, pour calculer la taille d’un circuit de chauffage, le même document retient une puissance spécifique moyenne d’environ 60 W/m², pertes vers le bas comprises. Ce sont des exemples d’un fabricant, pas des valeurs à reprendre pour votre logement.
Pièce de référence et nombre de boucles
Dans l’outil Buildwise, la boucle de référence est celle de la pièce qui présente l’émission surfacique la plus élevée, à l’exception de la salle de bains. L’outil indique : « En principe 1 boucle par local • Maximum 3 possible • En principe maximum 40 m² ». Si plusieurs boucles servent un même local, l’outil leur attribue par défaut des aires identiques. Pour le calcul de l’émission vers le bas, il renvoie à la Méthode de dimensionnement 18 de Buildwise.
Pour confier cette étude à un professionnel, voyez par exemple une entreprise de chauffage au sol à Bruxelles.
Sources
- Buildwise magazine n° 95 (juillet-août 2024), « Calcul des déperditions thermiques »
- Nouvel outil de calcul pour la charge thermique, les radiateurs et le chauffage par le sol – Article Buildwise 2022/4.2
- Outil de calcul de la charge thermique des bâtiments, version 4.1 – mode d’emploi – Buildwise, 2023
- Chauffage par le sol – Informations techniques – Radson (Rettig Belgium), document daté 05/2012